LA PAIX PAR L’ABSTENTION SEXUELLE

Début 2003, le Liberia est à feu et à sang. Une guerre civile d’une atroce violence plonge le pays dans un état de dévastation totale. Les femmes Libériennes décident donc de se mobiliser et ont créé le mouvement “Women of Liberia Mass Action for Peace Campaign” (Action de masse des femmes du Libéria pour la paix).

À cette époque là, elles ont brandi la menace d’une “grève du sexe” pour forcer les hommes à négocier la paix. Entièrement vêtues de blanc, les femmes de la capitale, Monrovia, se sont rassemblées par milliers au marché pour discuter, prier et chanter. Les images ont fait le tour du monde.

L’initiative a été payante. Le président libérien de l’époque, Charles Taylor a par la suite associé son mouvement de femmes aux négociations de paix, sous la médiation de la Commission économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

La signature d’un accord de paix en août 2003 a mis fin à la deuxième guerre civile libérienne, qui a déchiré le pays pendant 14 ans.

“Le monde se souvient du Libéria en raison des images des enfants soldats (…) Maintenant, ils connaissent notre pays grâce aux femmes en blanc”, a déclaré Leymah Gbowee, une dirigeante du mouvement qui a reçu le Prix Nobel de la paix en 2011.

Dans le continent africain, l’abstinence sexuelle comme action de résistance féminine a connu de multiples résultats prometteurs. Notamment au Kenya en 2009 pour la signature d’un accord de partage de pouvoir et au Togo plus récemment en 2012, pour contraindre les hommes à s’investir davantage dans le mouvement de contestation lancé par l’opposition.

Par Dalinie Mvemba