LE PÈRE DES COLIBRIS A PRIS SON ENVOL

L’écrivain Pierre Rabhi, figure de l’agroécologie en France et cofondateur du mouvement Colibris, est décédé à l’âge de 83 ans.

Né en 1938 aux portes du Sahara algérien, Pierre Rabhi s’installe dans une ferme du sud de la France au début des années 60. Pionnier de l’agroécologie, qui est une pratique agricole de l’Afrique sub-saharienne visant à régénérer le milieu naturel en excluant pesticides et engrais chimiques, ce militant écologiste est également l’auteur de plusieurs livres à succès. 

En 2002, il avait introduit le débat sur l’urgence écologique et humaine dans l’élection présidentielle. En 2018, il a déclaré que “La solution ne passe pas par la politique, elle passe par l’élévation de la conscience”. Il a ensuite partagé son temps entre interviews, animation de ses fondations, conférences et rédaction d’ouvrages.

Celui qui fut l’ami de Thomas Sankara a cofondé le mouvement citoyen des Colibris qui appelle aux actions locales, comme les jardins partagés, les fermes pédagogiques ou encore les circuits d’approvisionnement courts. Pierre Rabhi avait choisi ce petit oiseau pour illustrer sa philosophie en se basant sur une légende améridienne dans laquelle, face à un incendie dans une forêt, le colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu provoquant les sarcasmes de la part des autres animaux, et le colibri à cela répondait “Je le sais, mais je fais ma part”.

Apolitique et militant de la joie, Pierre Rabhi rejetait catégoriquement la notion de développement durable qui pour lui était “une niaiserie ajustée sur la croissance économique”. Grand admirateur de Socrate, il disait que “chaque être humain doit tenter de se connaître de façon à se changer positivement”.

Par Punchy’Lina