LA FRANCE FACE AUX INDEMNITÉS DE L’ESCLAVAGE

Il y a vingt ans, la France avait adopté la loi du 10 mai 2001, dite “loi Taubira”, tendant à la reconnaissance de la traite et de l’esclavage en tant que crime contre l’humanité. Qualifiée d’historique, la question des réparations et notamment de l’indemnisation des descendants d’esclaves reste toujours en suspens.

Depuis l’abolition définitive de l’esclavage en 1848 en France, la question de la réparation financière ne se concrétise que pour les propriétaires d’esclaves qui sont alors indemnisés au titre du préjudice subi.

À ce jour, le projet “Repairs” a apporté un nouvel éclairage au débat. Des chercheurs ont construit une base de données et un moteur de recherche, qui permet au public d’avoir des éléments précis sur les indemnités touchées par les propriétaires d’esclaves français. Il est désormais possible de savoir qui parmi ses ancêtres étaient des propriétaires d’esclaves.

Pour Maboula Soumahoro, maîtresse de conférences à l’université de Tours, et cofondatrice de l’association Black History Month, il y a “un très gros malaise” en France face à cette période de l’Histoire.

“Quand on compare avec le Musée national d’histoire et de la culture afro-américaine de Washington et la mise en place d’une commission au Congrès américain chargée de se pencher sur la question des réparations financières, on n’en est définitivement pas encore là,” a-t-elle ajouté.

Comme chaque année depuis 2006, le chef de l’état français Emmanuel Macron se rendra au Jardin du Luxembourg à Paris, pour commémorer la Journée nationale des mémoires de la traite de l’esclavage et de leurs abolitions.

Par Dalinie Mvemba