QUI EST EUZHAN PALCY ?

Peu savent que pendant de longues années, la femme la plus puissante à Hollywood était martiniquaise, tutoyant Marlon Brando ou ROBERT REDFORÐ.

Euzhan Palcy, est une réalisatrice martiniquaise surtout connue pour ses films “Une saison blanche et sèche (film, 1989)” et “La Rue cases nègres”, elle est la première réalisatrice noire à être produite par un studio hollywoodien, ce qui lui assure une reconnaissance internationale.

Enfant, dans sa Martinique natale, Euzhan Palcy se passionne pour le cinéma. Elle regarde les films de Fritz Lang, d’Alfred Hitchcock, de Billy Wilder ou d’Orson Welles, d’Ousmane Sembène, de François Truffaut et de Costa Gavras. La jeune fille écrit aussi de petites nouvelles et des poèmes. Sa sensibilité artistique se développe au contact de la réalité martiniquaise et de ses salles obscures. À travers les films américains, elle remarque que les comédiens noirs interprètent toujours les rôles les plus dégradants, les plus ridicules. Cette constante la choque et la révolte même.

C’est en se plongeant dans la lecture de La rue Cases-Nègres (roman), le roman de Joseph Zobel qui raconte la Martinique des années 1930, que la condition des Noirs se révèle à elle. À 14 ans, elle fait du roman, son livre de chevet. À force de le lire et relire, elle se découvre une ambition nouvelle : devenir cinéaste et porter à l’écran la voix des Noirs.

Euzhan Palcy réalise, à 17 ans, pour la télévision française de Martinique son premier téléfilm, La Messagère. En 1975, elle s’envole pour Paris sur les conseils de son père qui l’encourage dans son amour du cinéma mais lui conseille aussi de s’inscrire à l’université. Diplômée de la Sorbonne Université Paris 1 Panthéon Sorbonne (lettres et théâtre), elle étudie également à l’Ecole nationale supérieure Louis-Lumière et se spécialise en tant que directeur de la photographie.

Euzhan Palcy, qui veut adapter La Rue Cases-Nègres au cinéma, rencontre François Truffaut, qui, s’intéresse au projet de la réalisatrice, la soutient, distille ses conseils techniques et facilite les relations de la jeune réalisatrice avec les producteurs.

En 1983, Rue Cases-Nègres émeut le public qui découvre la Martinique an tan lontan et l’existence miséreuse des familles noires attachées aux plantations de canne. Le film est un succès public. Le long métrage remporte dix-sept prix internationaux, en France et aux États-Unis d’Amérique.

Euzhan Palcy adapte ensuite “Une saison blanche et sèche”, le roman de l’écrivain sud-africain André Brink dans lequel il parle de son pays déchiré par l’apartheid et le racisme. Après le succès de son premier long métrage, elle peut mener à bien ce projet aux États-Unis. Marlon Brando, Zakes Mokae, Donald Sutherland et Susan Sarandon font partie de la distribution du film. Euzhan Palcy est la seule réalisatrice à avoir dirigé Marlon Brando. L’équipe tourne au Zimbabwe. Le film dénonce la ségrégation alors même que Nelson Mandela est encore emprisonné dans les geôles sud-africaines. Le film est aussi un succès public.

Elle reçoit en 1989 le prix Orson Welles pour l’importance et la qualité de son travail (Orson Welles Prize for Special Cinematic Achievement ), pour ce film. Mais Euzhan Palcy constate, que dans la plupart des films occidentaux comme à la télévision, l’image des Noirs ne varie guère. Leur représentation reste dégradante ou secondaire dans la plupart des scénarios qu’on lui propose. Elle décide de rentrer en France et de se replonger dans la réalité de la vie martiniquaise.

Son retour prend forme à travers la réalisation de Siméon, « un conte antillais fantastique et musical, entre la vie et la mort dans lequel le fantôme d’un musicien, poète et séducteur célèbre, est le captif d’une petit fille Orélie dont il ne peut se délivrer qu’en accomplissant …

Par Marie Gaulade.